Du côté de chez Sun…

Jonathan Schwarz est non seulement le président de Sun mais aussi un des businessmen dont le blog est le plus lu outre-Atlantique. Alors quand M. Schwarz annonce « we’re the dot in the web 2.0 » (nous sommes le point du « web deux point zéro »), faut-il le croire ?

Regardons un peu la stratégie de Sun :
– côté matériel : une stratégie serveur web très intéressante avec les machines exploitant l’ingénieux processeur Niagara => moins de puissance, (beaucoup) plus de threads.

– côté OS : Solaris X semble connaître un certain succès aux dires de Schwarz… que vaut-il face à un linux ou un BSD (Windows Server étant un monde un peu à part pour le web) ? J’avoue ne pas le savoir, mon expérience en la matière s’étant limitée à une installation à l’arrache qui n’a pas tenu une semaine. Mais Sun peut compter sur quelques partenariats, le succès de ses Ultra-Sparc et sa license open-source pour lui assurer un destin honorable.

– côté Java : certes, JSP se fait grignoter par .NET dans le domaine des applications web, mais Java n’a toujours pas d’équivalent dans le domaines des devices portables. Java est désormais intégré dans de nombreux appareils (téléphones, accessoires automobiles, assistants personnels…) ce qui est un avantage décisif à l’heure où le logiciel se libère du PC.

– côté logiciels clients : pas grand chose. Open/StarOffice ne bouge pas beaucoup, les outils de développement (où Eclipse semble s’être imposé) basculent les uns après les autres vers l’open-source et rien de bien excitant n’est arrivé depuis longtemps sur ce plan (à moins que le bureau 3D « Looking Glass » ne soit un jour au point ?).

Ce petit tour d’horizon semble donc montrer que Sun est très fortement tourné vers le web 2.0 : des produits formatés pour permettre la poursuite de la montée en puissance des datacenters, un Java qui anticipe la fin de l’ère du PC, une culture résolument rajeunie et open-source, quelques petites innovations comme JMaki (intégration de widgets ajax par des tags dans les pages jsp)… et last but not least des liens très particuliers avec Google.

Difficile de dire ce qui unit précisément les 2 sociétés à l’heure actuelle, mais :
Andy Bechtolsheim, un des fondateurs de Sun, est l’homme providentiel qui fit un chèque de 100000 $ à Page et Brin alors que Google n’avait même pas de compte en banque !
– Google est un membre actif du Java Community Process
– Google et Sun ont dit mener un « big deal » ensemble fin 2005 sans préciser de quoi il s’agissait vraiment.
– Sun joue la carte des serveurs économes en ressources électriques, à l’heure où Google cherche à diminuer des coûts en énergies.
– Google joue la carte Java+Ajax avec le Google Web Toolkit à l’heure où Sun annonce que le temps du PC est terminé.

Sun a donc les cartes en main pour devenir le « dot in web 2.0 » mais à ce jour, rien n’est encore fait.