Pour en finir définitivement avec le web 3.0…

Non, je ne vais pas vous parler cette conférence « Le Web3 » à laquelle je n’étais pas et qui ne m’intéresse pas vraiment (malgré les polémiques qu’elle a créées) : le programme manquant un peu de concret au goût du petit entrepreneur-bidouilleur que je suis.

Le web 3.0 est un truc dont certains ont eu l’idée (quelle originalité !) dès que le concept de web 2.0 a un peu pris. Chacun met un peu ce qu’il veut derrière cette idée (comme pour le 2.0, me direz-vous ?) et personnellement je ne lui trouve pas de sens… mais il me faut probablement expliquer pourquoi !

Le web 2.0, je l’ai dit à de nombreuses reprises, est un constat a posteriori d’un changement générationnel : après la crise 2001-2003, des modèles (techniques et business) nouveaux, plus solides et plus ambitieux apparaissent et font leur preuve. En 2004, Tim O’Reilly fait donc le point sur cette nouvelle génération qu’il nomme « web 2.0 ».

Tout ça a bien une logique et c’est celle des cycles économiques de l’innovation. La formule est immuable : une phase d’émergence (pour le web avant 1995), suivie d’une croissance rapide (1996-2000)… après l’euphorie c’est inévitablement la crise qui corrige les excès (2001-2003) et permet une phase de consolidation (depuis 2004). L’histoire nous montre que toutes les révolutions industrielles ont subi les mêmes cycles et que les crises jouent systématiquement le rôle de révélateur des bons et des mauvais modèles : c’est pourquoi le moment où le concept de web 2.0 a émergé est aussi important que le contenu de « What is web 2.0 ». C’est probablement cela que les tenants du web 3.0 n’ont pas compris.

Maintenant que nous sommes dans la phase de consolidation, le web va continuer ses avancées sans toutefois connaître les mêmes soubresauts que durant sa jeunesse : il y aura toujours des innovations, toujours des phénomènes spéculatifs, mais les croissances fulgurantes tout comme les grands désastres devraient s’atténuer peu à peu (laissons-nous quand même encore un peu de temps, la phase de consolidation n’a fait que débuter !).

Il en va autrement d’internet de manière plus générale : des réserves de croissance considérables sont encore très faiblement explorées. Les univers virtuels tels que les phénomènes SecondLife ou World Of Warcraft sont par exemple un aperçu de ce que nous réserve l’avenir. Ces univers possèdent en effet déjà leur propre économie interne avec des possibilités de faire de l’argent (immobilier virtuel dans Second Life, revente d’objets magiques dans WoW) pour des usagers imaginatifs et/ou déterminés.

Il en est de même pour l’usage du mobile qui n’a toujours pas percé. Les promesses du wifi universel, du wimax répandu, ou de l’UMTS bon marché ne sont pour le moment que des promesses. Pourtant, les applications qui vont s’ouvrir à l’utilisateur lorsqu’elles seront devenues réalité seront considérables et elles ne concerneront pas toutes, loin de là, le seul web.

Un des rares à y voir clair dans cette histoire est une fois encore Fred Cavazza qui propose l’hypothèse d’un Internet 3.0… mais nous avons encore tout le temps avant de nous apercevoir que nous nous trompons, c’est tout l’intérêt de la prospective !