La course à la mobilité est bel et bien lancée

« Dépasser le PC » : cela fait parti de ces paradigmes 2.0 qui ne se sont pas autant développés que ce qui avait été envisagé par O’Reilly. La faute probablement aux infrastructures : la connexion mobile pas chère, sans grande contrainte de données, n’existe en effet pas vraiment à ce jour. De même, les appareils conviviaux permettant la navigation et l’utilisation de services divers sur le web ne sont pas encore légion.

Mais l’iPhone semble avoir changé la donne : cet appareil sexy, convivial, résolument orienté web et poussé par une marque qui sait vendre mieux que quiconque était sans doute de détonnateur qu’il fallait pour faire bouger le marché. Depuis environ un an, on voit émerger ce qui pourrait débloquer le web sur mobile de sa situation actuelle :

– la convergence wifi-3G : les prix des connexions 3G baissent mais restent élevés tandis que les débits restent un peu décevants. La possibilité pour des mobiles d’utiliser wifi ou 3G dans un contexte donné permet de réduire assez significativement le problème.

– des mobiles mieux adaptés à la navigation : l’iPhone a marqué pas mal de points en terme d’ergonomie. Il est décrié par certains, immité par d’autres, mais il a au moins le mérite de relancer le débat et de pousser ingénieurs à être imaginatifs sur la question à l’avenir.

– des systèmes d’exploitation novateurs : là encore, l’OS de l’iPhone ouvre de nouvelles perspectives. Si bien qu’on parle désormais de nouveaux acteurs dans le domaine : Ubuntu (la distrib linux leader sur le poste client) qui a signé un partenariat avec Intel pour les dispostifs internets portables, mais aussi Google qui, d’après John Batelle, travaillerait sur le sujet depuis quelques temps.

– des navigateurs web adaptés : le Safari embarqué par l’iPhone est là aussi un bon exemple de ce qu’il faut faire en la matière. En face, ça bouge avec Deepfish de Microsoft, un éventuel Firefox pour mobile, Opera qui continue dans sa stratégie de développement « mobile », mais aussi Flash Lite 3.

– du contenu et des services pour mobiles : tous les acteurs majeurs du web s’y sont mis ou s’y mettent désormais sérieusement. Dernier exemple en date : le rachat de Jaiku par Google.

Maintenant que toutes les briques sont en place, il ne manque plus qu’une chose : du temps, pour que le marché se développe puis murisse comme on l’attend depuis une dizaine d’années.