Bubble + Google = Booble

Google est beau. Google est gentil. Google est grand.

Oui, nous sommes d’accord, l’histoire de Larry et Sergei est bien jolie, tout comme le fut, d’ailleurs, celle de Bill et Paul ou celle de Steve et Woz. Mais même si nous sommes tous de grands enfants, les belles histoires ne doivent pas nous empêcher de voir la réalité. Or cette réalité, quelle est-elle ?

Les annonces de Google font depuis longtemps un buzz incomparable, et souvent à juste titre. Mais Google, puisqu’il faut le rappeler, est encore essentiellement un moteur de recherche rémunéré par la publicité. Certes Google a écrasé le marché d’une manière assez impressionnante, mais jusqu’ici :

1- Google n’a pas su vendre de la publicité en dehors du net

2- Google n’a pas su vendre autre chose que de la pub sur le net

Google a beau avoir eu quasiment créé la vague web 2.0 (par ses innovations, par ses investissements), ça ne permet pas de s’extasier devant tout et n’importe quoi. Je suis par exemple assez réservé vis-à-vis d’Open Social : permettre à n’importe qui de trafiquer des données personnelles, j’ai du mal à trouver ça super. Et si Android est une initiative nettement plus intéressante, rien ne garantit que cette plate-forme mobile remportera une partie qui reste très disputée

Au final, Google, c’est pour le moment une grosse régie publicitaire dédiée au web et pleine de promesses technologiques, point. Et si on peut mettre beaucoup d’espoir dans l’avenir de cette société, rien ne justifie les niveaux délirants de son cours en bourse.

Introduit au cours de $85 en août 2004, celui-ci est passé de $485 le 16 août à $741 le 6 novembre tandis que certains se prenaient à imaginer un cours à $2000. Cela ne correspond évidemment pas du tout à l’évolution de la valeur réelle de la société et laisse franchement penser à une bonne grosse vieille bulle, une véritable « Booble » ! Ca parait d’autant plus évident lorsque l’on sait que toute OPA sur Google est vaine du fait de la nature des actions mises sur le marché (les fondateurs possèdent des golden shares leur assurant le contrôle quoi qu’il arrive) et que les bénéfices distribués, certes élevés, ne pourraient pas rentabiliser l’investissement dans les actions Google (comparativement à des placements sûrs), et ce même avec un super « goodwill ».

Le cours de Google a donc commencé sa grande glissade la semaine dernière, comme cela était prévisible (et avait été annoncé ici). Et c’est peut-être là une des première illustration du fameux krach 2.0, un krach au début duquel on se souviendra peut-être dans quelques années que Google et Apple pesaient 30% du NASDAQ…