La bulle Google démontrée en quelques chiffres

Avec 13% de baisse depuis le premier janvier, l’action Google commence à prendre le chemin emprunté par certaines de mes prédictions. Cependant, une telle baisse peut encore être qualifiée de « correction » ou encore d’une tendance court terme. Si je suis pour ma part convaincu que ceci n’est que le début d’une chute qui nous emmènera entre 400 et 450 dollars à la fin de l’année, c’est qu’il y a des arguments chiffrés très simples et accessibles à tous qui peuvent le prouver.

Revenons à quelques fondamentaux. Qu’est ce qui, pour un investisseur, détermine la valeur du action sur le long terme ? Cela pourrait faire l’objet d’un long débat, mais on peut retenir 4 facteurs :

1- la valeur à laquelle une société pourrait la racheter (ou l’échanger) dans le cadre d’une fusion ou d’une acquisition

2- ce que l’action rapporte à celui qui la détient via la distribution de dividendes ou l’augmentation de la valeur des actifs de la société

3- le « goodwill« , c’est à dire le potentiel de croissance de la société qui amènerait l’action à valoir plus (ou moins en cas de problème) du fait des facteurs 1 et 2

4- le contexte financier global : il faut toujours comparer ce que peut rapporter un investissement donné par rapport à d’autres. On sera d’autant plus exigeant sur le rendement des actions qu’ investir dans des produits concurrents (tels que les obligations, les produits monétaires, les matières premières ou l’investissement immobilier) sera rentable.

Quelle est la situation de l’action Google aujourd’hui vis-à-vis de ces facteurs ?

1- Google ne peut être racheté en bourse du fait des « Golden Shares » (des actions dorées) attribuées aux fondateurs qui leur assurent quoi qu’il arrive le contrôle de la société. C’est facteur de valorisation de moins pour elle, qui si il était pris en compte correctement, devrait diminuer la valeur de la société.

2- Le PER (Price earning ration : rapport cours de bourse / bénéfice net par action ; plus il est élévé, plus l’action est chère par rapport à la situation courante de la société) de Google en 2007 est de 47,38, un chiffre qui dénote le prix excessif de l’action. Donnons quelques PER de sociétés célèbres pour vous donner une idée de l’excès que nous vivons à l’heure actuelle. Microsoft : 18.73 ; IBM : 14,01 ; Coca-Cola : 23,93 ; Total : 10,53 ; Renault : 8,61…

3- Le « goodwill » pourrait bien sûr expliquer que l’on soit prêt à acheter des actions aussi chères. Regardons donc quelques projections du PER de Google relevées sur Boursorama pour les années à venir (projections qui, d’après mon expérience, sont plutôt optimistes en général) : 33,72 pour 2008 ; 25,92 pour 2009. C’est à dire que fin 2009, même en étant gentil, le rendement de Google restera faible comparativement au prix actuel de son action.

4- Le contexte financier est bien entendu assez délicat depuis la fameuse crise des subprimes : on ne sait plus de quoi les produits financiers sont vraiment faits, les matières premières ont des mouvements violents tant à la hausse qu’à la baisse, l’immobilier est engagé sur une pente descendante… C’est d’ailleurs étrangement le genre d’époque qui se prête aux comportements irrationnels !

Si on se projette fin 2008, un action Google comprise entre 400 et 450 dollars avec une prévision de bénéfice net par action de 18,9 dollars nous amènerait à un PER de 20 à 24, ce qui serait alors plus conforme à la réalité… bien qu’encore un peu cher pour une société « non-OPAble » et ne distribuant pas de dividendes.

Alors, convaincus ?