Le web mobile en 2010 : l’inévitable croissance

On nous le promet depuis plus de 10 ans… et le voilà qui arrive enfin dans sa phase de décollage : le web mobile est devenu un vrai marché qui ne va cesser de se renforcer et nous allons décrire ici pourquoi.

Le web mobile semble d’une certaine manière connaître la même histoire que le web de nos vieux desktops avec 10 à 15 ans de retard. Ce n’est bien entendu pas un hasard. En effet, pour qu’un nouveau canal d’information se popularise, plusieurs conditions doivent être remplies :

1 – Construire l’information pour ce canal doit être simple mais souple

Une des raisons du succès de HTML dans les années 90 tient à sa simplicité : il suffit d’écrire un document et d’ajouter quelques balises ici et là pour préciser sa structure. Le protocole Gopher – qui a préexisté au web – avait cette simplicité qui en a fait un des canaux d’information de référence des universités américaines du début des années 90… mais sans avoir la souplesse du couple HTTP/HTML qui l’a rapidement supplanté.

Dès lors, plus il a été simple (et fonctionnel) de créer de l’information sur HTML, plus la domination du web s’est renforcée : avec des outils de création (Front Page, Dreamweaver), des langages de programmation simples (en particulier PHP), les systèmes de gestion de contenus et de manière générale tous les systèmes qui ont abouti au Read/write web d’aujourd’hui… un canal sur lequel, construire l’information est la portée de n’importe qui.

Après quelques années de tâtonnements, le web mobile est en passe d’acquérir cette même qualité. Aux premières années du web mobile qui ont vu s’affronter plusieurs normes (HDML, WML, CHTML puis iMode), le (X)HTML (avec d’éventuelles petites variantes comme le Basic XHTML ou le XHTML mobile profile) impose ses qualités à l’univers smart phone. De plus le parc client a évolué de telle manière (nous y reviendrons) qu’il n’est plus aujourd’hui nécessaire de multiplier les adaptations pour obtenir une site web mobile compatible avec la majorité des clients potentiels.

Donc on peut le dire : produire de l’information pour le web mobile est désormais simple et souple, presque autant que sur le web classique.

2- Le réseau doit être efficace et bon marché

La progression continue de l’usage du web est indissociable de celle des réseaux. Pourrait-on aujourd’hui imaginer qu’il nous faille payer nos connexions internet à la minute de consommation (tout en occupant la ligne téléphonique !) pour des débits misérables ?
C’est pourtant ce qui était demandé il y a encore peu de temps dans l’Internet mobile. Depuis l’arrivée – attendue de longue date – des réseaux 3G, le web mobile connaît la même évolution que le web lors du passage progressif du RTC : la navigation se fait plus fluide et l’on peut flâner en ligne sans trop se poser de question grâce à des forfaits Internet mobile « illimité » abordables.

3- Les systèmes clients doivent être standardisés et répandus

L’évolution du prix et de la qualité des systèmes client (des PC) comptent pour beaucoup dans la consécration du web en tant que média. Pour rappel, un PC de milieu de gamme de 1994 (équipé d’un bon Pentium à 70MHz… alors largement suffisant pour faire fonctionner Mosaic) coûtait autour de ce qui seraient 3000 de nos euros d’aujourd’hui… de quoi réfréner bien des envies de surf sur la toile. Entre temps, les prix ont baissé de manière suffisamment vertigineuse (18% par an en moyenne) pour qu’aujourd’hui  plus de 2 foyers français sur 3 soient équipés d’un ordinateur personnel.

Les smartphones connaissent une trajectoire similaire : le taux d’équipement progresse rapidement grâce à une évolution spectaculaire du rapport performances/prix. Tous les smartphones vendus aujourd’hui disposent d’autre part de navigateurs web suffisamment performants pour gérer des interfaces évoluées (XHTML, multimedia, javascript avancé), ce qui renforce notre point 1 (plus haut) et le point 4 ci-dessous.

4- L’accès à l’information doit être intuitif

La toute-puissance de l’HTML est de mettre l’information souhaitée à la portée d’un clic. Mais l’outil n’aurait sans doute pas eu le même succès sans l’amélioration permanente de la vitesse d’accès à la bonne information : ergonomies améliorées, moteurs de recherche plus pertinents, navigateurs web plus efficaces.

De ce point de vue, l’iphone a incontestablement changé la façon de concevoir la navigation web sur un téléphone et il a probablement constitué le chainon qui manquait jusque là pour faire véritablement décoller le marché (et d’ailleurs 70% des visites web mobiles en France proviennent d’Iphone/Ipod Touch). La navigation tactile et la taille d’écran proposées constituent maintenant des standards pour les concurrents tels les systèmes compatibles Android et autre Winphones.

Le web mobile n’est encore peu de chose (2.5% des visites d’après StatCounter ) mais sa part de marché par rapport à l’ensemble des visites a été multiplié par 4 en un an et demi ! Et au regard des évolutions notées plus haut, ça n’a pas fini de grimper…