5 moyens de se débarrasser de la dette publique à l’épreuve des faits

solidus

Il y a environ un an et demi paraissait dans ce blog un bref billet rappelant comment de manière historique les états règlent leur dettes. Alors que la crise généralisée de la dette publique est désormais une évidence pour tous, il est intéressant de voir comment ces leviers ont été utilisés jusqu’à présent.

1- L’inflation

L’inflation est une arme redoutable de réduction des dettes : pour faire simple, tout augmente (vos coûts mais aussi vos revenus) sauf le montant de vos dettes qui vous coûtent donc relativement moins cher. Ce fut l’arme employée (volontairement ?) en 1947 par les USA pour liquider l’énorme dette accumulée pendant la seconde guerre mondiale.
Jusqu’à présent, personne ne l’a franchement utilisée, du moins pas directement. Pour le moment, l’inflation est limitée parce que les coûts (matières premières) montent mais que les revenus ne suivent pas en proportion. Du coup, la consommation patine et la croissance trinque.

2-  La planche à billets

La planche à billets, c’est ce qu’on appelle techniquement « monétiser la dette » : soit grosso modo, imprimer des billets pour payer la dette des états. Après avoir déclaré pendant des mois que cela ne se ferait jamais, que c’était contraire à ses statuts, la Banque Centrale Européenne a cédé en mai 2010 et a commencé à racheter des titres de dettes certains pays (Irlande, Grèce puis Portugal, Espagne et Italie). Elle en remet une couche aujourd’hui. Les américains avaient eu recours à cette politique dès 2008 et ont continué tranquillement avec l’opération « QE2 » de la Fed…

3- La renégociation de la dette

Longtemps reniée par la plupart des décideurs politiques mondiaux, cette solution radicale fait de plus en plus parler d’elle : elle a commencé à être utilisé dans le cas grec de manière marginale… mais pourrait l’être à l’avenir de façon beaucoup plus massive comme le fit l’Argentine en 2004.

4- L’excédent budgétaire

Cela reste, de manière incompréhensible, l’outil de réduction de dettes privilégié par un grand nombre de chroniqueurs économiques. Dans un monde économique parfait, on pourrait les comprendre (le remboursement « normal » des dettes paraît en effet la solution la plus saine et la plus respectueuse des prêteurs), mais la dette de la plupart des états occidentaux a dépassé depuis longtemps les bornes rendant cette seule solution envisageable.

5- Le miracle

Nul doute que nous entrons dans une ère économique, politique et sociale agitée : bien des événements « non-conventionnels » peuvent y surgir. Guerres ? Nationalisations forcées ? Découvertes de ressources naturelles lucratives pour l’état ? Autant de choses susceptibles de changer la donner pour tel ou tel pays, mais qui ne sauraient constituer de solutions universelles.

Rappelons-nous par exemple des multiples astuces trouvées par Constantin pour financer l’empire romain en crise au IVème siècle : dévaluation monétaire, confiscation de la fortune d’ennemis politiques, réquisition des biens des temples, exploitation de nouvelles mines d’or, création de nouveaux impôts… une liste qui peut aujourd’hui faire sourire, mais pour combien de temps ?