Bilan subjectif du salon intranet et collaboratif 2008

Le 25 février 2008 par JB Boisseau

En visite sur le salon intranet et collaboratif qui se tenait la semaine dernière à La Défense, j’en fais pour les lecteurs intéressés un rapide bilan :

- le phénomène Zimbra est ce qui m’a marqué durant ce salon : plusieurs intégrateurs étaient présents pour présenter ce produit qui, il faut l’avouer, ne manque pas de qualité.

- le salon est relativement petit, ce qui permet de passer un temps raisonnable sur les stands ou dans les conférences/ateliers. Du coup, les exposants peuvent véritablement dialoguer avec les visiteurs.

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- à titre personnel, j’ai pu participer à la présentation de Coomcoom, un produit sur lequel nous avons travaillé en collaboration avec Wcom. Il s’agit d’un gestionnaire de favoris Ajax destiné à être installé en intranet pour capitaliser sur les connaissances des membres d’une société ou d’une communauté.

- un salon globalement agréable à revoir l’année prochaine pour y décerner quelques tendances du groupware en entreprise au delà des buzz de la toile…

 

Projet Sweetch : le web offline pour tous !

Le 14 février 2008 par JB Boisseau

Le sujet du web offline m’anime désormais depuis un petit bout de temps… et ça n’a pas vraiment cessé à ce jour. Permettre l’utilisation d’application web hors ligne, c’est en effet probablement franchir le dernier pas qui nous sépare du Graal que constitue le concept de client riche, réunissant le meilleur du client léger et du client lourd.

Or pour y arriver, il faut faire en sorte que nos applications stockent des données côté client, et de préférence, avec une base SQL, histoire d’avoir quelque chose de performant. A l’heure actuelle, plusieurs technologies nous permettent de faire cela :

- Google Gears, utilisé par exemple dans Google Reader

- Adobe Air, utilisé dans le client riche d’Ebay

- Java, utilisé dans la messagerie web d’entreprise Zimbra

- HTML5, dont les spécifications commencent à être implantées dans WebKit et Firefox3

Le problème, c’est qu’utiliser une de ces technologies, c’est se restreindre non seulement à un certain type de client mais aussi devenir dépendant d’une technologie, de ses évolutions et de ses limites… et c’est de là qu’est né le besoin de créer quelque chose comme Sweetch.

Jack Slocum (de ext.js) nous a montré il y a quelques temps de cela qu’il était possible de créer une application fonctionnant en mode offline aussi bien sous AIR que Gears. Le but de Sweetch, c’est de donner aux développeurs Ajax le moyen de faire ce genre de développement en tirant partie des multiples technologies à notre disposition.
Concrètement, la librairie doit procéder de la manière suivante :

1- détecter l’environnement du client

2- déterminer la stratégie de stockage adéquate

3- télécharger puis utiliser un “storage provider” qui permet de mettre en oeuvre cette stratégie

Si tout se passe bien, on aura donc une véritable API pour tous les développeurs souhaitant faire des applications web offline sans s’enfermer dans une technologie particulière. Ce projet dont le développement débute véritablement aujourd’hui sera basé sur la librairie dojo d’Alex Russel, et en particulier sur les parties sql, offline et storage initiées par Brad Neuberg.

On vous tient au courant !

Yahoo - Microsoft : chronique d’un échec annoncé

Le 5 février 2008 par JB Boisseau

Annoncé de longue date, le rapprochement Yahoo-Microsoft pourrait enfin se concrétiser. Face à cette OPA, je suis aussi dubitatif que le marché (qui a fait perdre quelques points à Microsoft après son annonce) : bien entendu dans un monde parfait, cette acquisition pourrait avoir du sens, mais si on s’en rapporte aux faits, c’est beaucoup plus délicat.

En effet, ce que l’histoire montre, c’est que les fusions/acquisitons de grande ampleur échouent dans 70% des cas : c’est à dire que les synérgies, économies d’échelles, retombées marketing tant vantées par les dirigeants au début de telles opérations ne sont que rarement au rendez-vous. Les faits nous enseignent donc d’être méfiants, puisque, sans a priori par rapport aux sociétés concernés, l’échec est l’issue la plus probable.

Pour affiner un peu le pronostic, il faut bien entendu, regarder ce qui fait que cela marche dans 30% des cas. Une dimension importante semble être la “proximité” des entreprises concernées, cette proximité s’entendant à la fois en termes :

- géographique, même si cela a bien entendu moins de poids dans le cas de multinationales

- métier, c’est à dire les produits, les technologies et les marchés

- culturel, la culture d’entreprise souvent mésestimée étant en réalité un facteur décisif

Malheureusement pour les principaux intéressés, il y a problème sur tous ces points. Microsoft reste une société dont le métier est le logiciel de bureau malgré toutes ses tentatives pour passer au web. La seule véritable réussite de Microsoft liée à Internet, c’est le chat… grâce à un logiciel de bureau, MSN Messenger. Pire : quand on sait sur quel tas d’or Microsoft est assis grâce à sa maîtrise du marché, on bien du mal à voir comment son métier et sa culture pourraient changer ! En tout cas, je vois mal Ray Ozzie pouvoir faire quelque chose à cela… et je l’ai dit il y a bien longtemps !

De l’autre côté, Yahoo! est une société en perte de repères, qui multiplie les acquisitions, qui ouvre et ferme des services chaque semaine mais qui peine à trouver une véritable identité. Le petit portail sympa qui vous ouvrait les portes d’internet comme autant de nouveaux espaces de liberté portait bien son nom : “Yahoo !”, c’est pour ma part ce que je m’écriais lors de mes premiers clics sur la toile. Depuis, la bête a (trop) vite grossi et cherche à tout prix à se différencier de Google en trouvant le nouveau concept qui lui redonnera un rôle de leader. Et malgré toutes les qualités qu’a encore la société (par exemple sa domination du marché du webmail), il me paraît difficile que Microsoft lui insuffle à nouveau cette identité qui lui manque tant.

Question subsidiaire : pourquoi le cours de Google a-t-il baissé si fortement lors de cette annonce si la réussite de l’opération est à ce point douteuse ?

Réponse : la Booble explose, ça devait arriver, et tous les prétextes sont bons pour lui redonner un coup sur le tête mais ce ne sont sûrement pas les lecteurs coutumiers de ce blog qui en seront surpris

La bulle Google démontrée en quelques chiffres

Le 18 janvier 2008 par JB Boisseau

Avec 13% de baisse depuis le premier janvier, l’action Google commence à prendre le chemin emprunté par certaines de mes prédictions. Cependant, une telle baisse peut encore être qualifiée de “correction” ou encore d’une tendance court terme. Si je suis pour ma part convaincu que ceci n’est que le début d’une chute qui nous emmènera entre 400 et 450 dollars à la fin de l’année, c’est qu’il y a des arguments chiffrés très simples et accessibles à tous qui peuvent le prouver.

Revenons à quelques fondamentaux. Qu’est ce qui, pour un investisseur, détermine la valeur du action sur le long terme ? Cela pourrait faire l’objet d’un long débat, mais on peut retenir 4 facteurs :

1- la valeur à laquelle une société pourrait la racheter (ou l’échanger) dans le cadre d’une fusion ou d’une acquisition

2- ce que l’action rapporte à celui qui la détient via la distribution de dividendes ou l’augmentation de la valeur des actifs de la société

3- le “goodwill“, c’est à dire le potentiel de croissance de la société qui amènerait l’action à valoir plus (ou moins en cas de problème) du fait des facteurs 1 et 2

4- le contexte financier global : il faut toujours comparer ce que peut rapporter un investissement donné par rapport à d’autres. On sera d’autant plus exigeant sur le rendement des actions qu’ investir dans des produits concurrents (tels que les obligations, les produits monétaires, les matières premières ou l’investissement immobilier) sera rentable.

Quelle est la situation de l’action Google aujourd’hui vis-à-vis de ces facteurs ?

1- Google ne peut être racheté en bourse du fait des “Golden Shares” (des actions dorées) attribuées aux fondateurs qui leur assurent quoi qu’il arrive le contrôle de la société. C’est facteur de valorisation de moins pour elle, qui si il était pris en compte correctement, devrait diminuer la valeur de la société.

2- Le PER (Price earning ration : rapport cours de bourse / bénéfice net par action ; plus il est élévé, plus l’action est chère par rapport à la situation courante de la société) de Google en 2007 est de 47,38, un chiffre qui dénote le prix excessif de l’action. Donnons quelques PER de sociétés célèbres pour vous donner une idée de l’excès que nous vivons à l’heure actuelle. Microsoft : 18.73 ; IBM : 14,01 ; Coca-Cola : 23,93 ; Total : 10,53 ; Renault : 8,61…

3- Le “goodwill” pourrait bien sûr expliquer que l’on soit prêt à acheter des actions aussi chères. Regardons donc quelques projections du PER de Google relevées sur Boursorama pour les années à venir (projections qui, d’après mon expérience, sont plutôt optimistes en général) : 33,72 pour 2008 ; 25,92 pour 2009. C’est à dire que fin 2009, même en étant gentil, le rendement de Google restera faible comparativement au prix actuel de son action.

4- Le contexte financier est bien entendu assez délicat depuis la fameuse crise des subprimes : on ne sait plus de quoi les produits financiers sont vraiment faits, les matières premières ont des mouvements violents tant à la hausse qu’à la baisse, l’immobilier est engagé sur une pente descendante… C’est d’ailleurs étrangement le genre d’époque qui se prête aux comportements irrationnels !

Si on se projette fin 2008, un action Google comprise entre 400 et 450 dollars avec une prévision de bénéfice net par action de 18,9 dollars nous amènerait à un PER de 20 à 24, ce qui serait alors plus conforme à la réalité… bien qu’encore un peu cher pour une société “non-OPAble” et ne distribuant pas de dividendes.

Alors, convaincus ?

Bilans, prévisions et autres joyeusetés

Le 31 décembre 2007 par JB Boisseau

J’adore jouer les madame Irma du web et raconter ici ce qui peut se passer demain sur la toile. Comme les prévisions sont faites pour être démenties, regardons un peu ce qu’il est advenu de celles faites par votre serviteur :

1- la chute de l’action Google

Prédite le 11 novembre, la chute annoncée ne s’est pour le moment pas produite. La course en avant a par contre été stoppée et le cours semble désormais s’inscrire dans un canal légèrement descendant. Je disais le premier mai 2006 de l’action que le cours me semblait un peu surévalué : il était alors de 418 dollars ! Je disais dans le même article que la valeur de rachat de Skype me paraissait trop élevée : les dirigeants d’eBay m’ont donné raison cet été sur le sujet… c’est déjà ça ! Plus sérieusement, je vois bien le cours de Google finir l’année 2008 autour entre 400 et 450 dollars (on en est à 702 aujourd’hui), et c’est d’ailleurs directement en lien avec la prédiction suivante.

2- le krach 2.0

Evoqué en février 2007, avant même le frisson asiatique de mars, et bien avant les sueurs froides américaines de l’été, le krach n’a pas eu lieu. J’avais dit début août que l’on y verrait plus clair en septembre : en réalité, la baisse brutale des taux directeurs par la Fed a plutôt brouillé les cartes qu’éclaircit quoi que ce soit ! Là encore, la prédiction (qui donnait en février 18 mois au crack pour se produire) n’est pas encore arrivée à échéance. Concrètement, ça pourrait donner une récession aux Etats-Unis au premier semestre et une baisse continue des indices boursiers sur 2008.

3- les prédictions relatives aux RIA

J’ai prédit bien des choses concernant les RIA, notamment le fait qu’elles seraient la technologie majeure de demain ou encore leur convergence progressive. Voilà une prédiction à la fois difficile à vérifier et dont l’échelle temporelle dépasse largement ma pauvre mémoire. Les RIA étant encore dans leur phase d’émergence, je me garderais de pronostics chocs sur le sujet… mais vous renvoie pour cela vers l’excellent Universal Desktop qui traite à merveille de la question.

Globalement, je crois que 2008 va marquer le début d’une nouvelle mutation pour le web, un peu à la manière de la funeste année 2001. Les difficultés économiques seront l’occasion de mettre en valeur les modèles qui fonctionnent et d’éliminer les autres : accrochez-vous !