Pourquoi l’action Google reste un mauvais plan

Le 20 avril 2008 par JB Boisseau

Le fait marquant du jour, dans notre petite bulle 2.0, est probablement le « gap » de l’action Google qui grimpe de près de 20% suite à des résultats supérieurs aux attentes pour un premier trimestre que l’on prédit difficile pour l’économie américaine. Nous voilà donc maintenant à près de $540, soit loin de ma prédiction de la fourchette 400-450 pour décembre 2008… et malgré cela je persiste dans mes prévisions ! Simple mauvaise foi ? Pas seulement, explications.

Les fondamentaux de l’action Google restent les mêmes : une action qui ne vaut rien en termes de droits de vote (ce qui devrait entrainer une décote de 20% à 40% par rapport à une action classique), et une action qui ne vaut rien en dividende. Tout ce qu’on peut faire à l’heure sur l’action Google, c’est spéculer sur la croissance de la société et des dividendes qu’elle offrira à l’avenir… alors spéculons !

Le PER de 2008 d’après les données actuelles seraient de 539,9 (valeur de l’action le 19/04) sur 19,90 (prévision de bénéfice net par action 2008 réajustée d’UBS) soit : 27,1. Ce n’est certes pas aussi monstrueux que les niveaux touchés dans le délire de l’été 2007, mais ça reste très important. Et c’est surtout trop, étant donné les fondamentaux exposés plus haut. A moins que…

– …à moins que la croissance de la société et de ses bénéfices soient plus qu’exceptionnels. Exceptionnels, les résultats et la croissance de Google le sont, c’est incontestable. Mais est-ce assez pour justifier un tel PER ? Observons donc la croissance de Google et essayons d’en tirer quelques prévisions raisonnables à 3 ans.

Commençons par les revenus de Google, leur progression depuis 2002 forme une figure remarquable : en passant de 409% à 42% de croissance annuelle, ils montrent un relatif ralentissement même si ce chiffre reste excellent… si l’on développe un peu la courbe de l’évolution des revenus selon la tendance qui se dessine depuis quelques années, on obtiendrait pour 2011 environ 40 milliards de dollars. Le bénéfice net de Google semblant se stabiliser au fil des années à 25% des revenus, on obtiendrait donc 10 milliard de dollars à partager entre 330 millions d’actions (hytpothèse moyenne : on en est aujourd’hui à 315) soit environ $30 par action. En distribuant alors 25% des bénéfices (cas courant dans le secteur IT), le dividende par action serait de $7,5. Avec un cours compris entre 400 et 600, le rendement de l’action serait alors quelque part entre 1,25% et 1,88%. Quand on sait qu’IBM est à 1,28, Microsoft à 1,56 ou Intel à 2,12, c’est bien quelque part dans cette zone que nous devrions être.

L’achat Google est donc un pari très risqué à moyen terme pour un acheteur américain… mais c’est encore plus catastrophique pour l’investisseur européen ! En effet, ramenée en euros la croissance de Google n’a plus du tout le même aspect.

Année 2006 2007 2008
Bénéfices en $ 3 077 446 4 203 720 5 228 344
Cours €/$ 1,28 1,39 1,55
Bénéfices en € 2 404 255 3 024 259 3 373 125

Conclusion : même si Google peut devenir un jour une valeur défensive intéressante dans une économie américaine où un grand nombre de valeurs risquent de beaucoup souffrir, le cours reste encore très supérieur aux fondamentaux de l’action. Autant de raison de maintenir mon pronostic (fait alors que le cours était à 702) de 400-450 pour décembre.

Projet Sweetch : le offline pour tous dès aujourd’hui

Le 10 avril 2008 par JB Boisseau

La nécessité d’un web offline est désormais une évidence. Brad Neuberg avait été l’un des premiers à proposer une solution avec son Dojo Offline Toolkit, mais en parallèle bien des éditeurs avançaient des solutions : Adobe avec Air, Google avec Gears et même la prochaine génération de navigateurs avec HTML5 !

Toutes ces technos sont bien entendu une formidable opportunité pour les développeurs web mais elles sont autant de nouveaux casse-têtes à affronter : comment donner à nos utilisateurs ces possibilités d’offline au plus grand nombre sans attendre ? Sweetch est une bibliothèque Javascript open-source, s’appuyant sur Dojo, qui leur offre une solution élégante à ce problème : compatible avec l’immense majorité des configurations clientes tout en tirant partie au maximum des capacités de chacune d’entre elles, Sweetch rend possible maintenant ce qu’HTML5 promet pour dans 3 ans.

Et bien qu’encore en développement, Sweetch est d’ors et déjà téléchargeable et testable

Laissez-nous vos impressions !

Le web offline gagne du terrain

Le 7 avril 2008 par JB Boisseau

Alors que, Sweetch, la librairie javascript qui va changer le mode déconnecté sera lancée en version alpha cette semaine, il est temps de revenir sur les importants progrès accomplis ces dernières semaines par le web offline :

Google Gears débarque sur la version mobile d’internet explorer… et étend ainsi le champ des possibles de l’offline mais aussi et surtout des application web mobiles

– Adobe sort enfin la version de Air qui nous était promise pour les plates-formes Linux

–  Internet Explorer 8 intègre le « Dom Storage » (les « supers-cookies » que Firefox 2 proposait déjà) selon la spécification HTML5

Safari 3.1 embarque une base SQLite pour permettre du stockage hors ligne selon, là encore, la future norme HTML5.

– Des bruits circulent sur l’intégration d’un tel système au sein d’une future version de Silverlight 2

Firefox 3, faute d’implémenter pour le moment l’API HTML5 de stockage SQL hors ligne qu’on pensait voir arriver rapidement, intègre par ailleurs de nombreuses caractéristiques du chapitre « offline applications » de la spécification.

Google Docs se voit renforcé de possibilités offline grâce à Google Gears : ouf, on n’y croyait plus !

C’est désormais quasi-certain pour le web offline : 2007 était l’année des expérimentations, 2008 est celle du décollage, 2009 sera celle de la croissance et 2010, celle de la maturité. Entre temps, cela laisse pas mal de travail pour les développeurs et d’espoirs pour des utilisateurs qui devraient bientôt être enthousiastes !

HTML5 et Javascript 2 au sommaire de Programmez

Le 28 mars 2008 par JB Boisseau

Juste un post pour vous précisez la présence de deux articles que j’ai récemment écrits pour le magazine Programmez :

le futur de Javascript dans le numéro de mars (N°106)

HTML5, le langage qui va changer le visage du web dans le numéro d’avril (N°107)

HTML5, Ecmascript4, RIA : ce qui va changer dans le web de 2010

Le 7 mars 2008 par JB Boisseau

Par delà les vastes questionnements sur le social web et/ou les promesses d’un hypothétique sémantique (qui, s’ils sont légitimes, échappent encore véritablement à une analyse solide faute de faits et d’éléments concrets), il me semble que nous disposons désormais de suffisamment d’indices pour tracer les grandes lignes de l’évolution technique du web de 2010.

Back to the basics

Le web, qu’est ce que c’est ? Techniquement, c’est l’alliance de technologies antérieures (TCP/IP, DNS, MIME), de créations spécifiques (HTTP, HTML et les URL), et d’ajouts effectués au cours de son histoire (CSS, Javascript, DOM). Le web s’est aussi appuyé sur quelques autres standards pour des opérations spécifiques : les images (gif, png, jpeg, svg), la syndication de contenu (ATOM, RSS), les services (SOAP, REST, XML-RPC) entre autres.

Autour de ces standards, plusieurs technologies plus ou moins propriétaires sont venues se greffer afin d’en enrichir les possibilités : Flash, Java, ActiveX, QuickTime, plug-in spécifiques… Même si elles sont hors standard, certaines d’entre elles sont à ce point répandues qu’elles sont devenues incontournables.

Ce qui ne changera presque pas

HTTP : un simple toilettage de la spécification est en vue afin de lever les petites ambigüités qui peuvent y subsister.

TCP/IP : le passage progressif à IPv6 devrait résoudre pas mal de problèmes techniques… les utilisateurs de base ne devraient pas voir de grosses différences si ce n’est qu’une foultitude d’appareils pourra avoir une adresse IP.

Ce qui va vraiment changer

Javascript : le passage à Ecmascript4 (dont Javascript 2 sera une implémentation) va apporter ce qui manquait jusque là au langage pour en faire quelque chose de consistant. De plus, de véritables optimisations en terme de performances deviendront possibles, et cela pourrait ouvrir pas mal de perspectives.

CSS : on espère que CSS 2.1 sera peu à peu implémenté dans tous les navigateurs (on en est loin) et que CSS 3 sortira de l’ornière dans laquelle il est aujourdhui. Ne s’agit-il là que de voeux pieux ?

Ce qui va créer une révolution

HTML5 : du stockage local, des contenus audio et video natifs, des grilles de données Ajax natives, une gestion de la 3D avec OpenGL… voilà qui devrait suffire pour faire du web de demain un terrain de jeu considérablement plus riche que ce qu’il n’est aujourd’hui.

Les technologies RIA : là encore, les apports de chacune des technologies RIA vont nous permettre de beaucoup gagner en richesse d’interface et, bien souvent, d’anticiper par rapport aux promesses d’HTML5.