Le futur du web selon Mozilla et John Resig

Le 12 octobre 2007 par JB Boisseau

Si vous êtes las des prophètes approximatifs du web 3.0 et des imprécateurs imprécis du web2, si le futur du web vous intéresse malgré tout, je ne saurai que trop vous recommander la lecture occasionnelle du blog du créateur de l’innovant jQuery, j’ai nommé John Resig.

Dans un récent billet, il expose les fonctionnalités futures de Firefox, qui malgré un comportement parfois pénible (lenteur, plantages, consommation de mémoire) comparativement à Safari et Opera, reste le navigateur leader en ce qui concerne les fonctionnalités et l’innovation. Ainsi, voir le futur de Firefox, c’est bien souvent voir avec quelques temps d’avance le futur du web. Et ce futur quel est-il ?

- des innovations graphiques : la possibilité d’embarquer du HTML au sein de balises SVG (ce qui démultipliera les possibilités graphiques des pages HTML+SVG), et surtout l’apparition de la “3D native” (c’est un raccourci, suivez le lien si la question vous intéresse) dans la toujours non-officielle et déjà populaire balise “canvas”.

- des innovations multimedia : apparition des balises “audio” et “video” selon les propositions du WHATWG pour HTML5.

- des possibilités d’utilisation offline… tentant de faire converger les solutions avancées par Mozilla, Google Gears et le WHATWG.

- des applications web déployables comme des applications desktop.

Le futur du web est plus prometteur que jamais, le tout sera d’être à la hauteur !

La course à la mobilité est bel et bien lancée

Le 10 octobre 2007 par JB Boisseau

“Dépasser le PC” : cela fait parti de ces paradigmes 2.0 qui ne se sont pas autant développés que ce qui avait été envisagé par O’Reilly. La faute probablement aux infrastructures : la connexion mobile pas chère, sans grande contrainte de données, n’existe en effet pas vraiment à ce jour. De même, les appareils conviviaux permettant la navigation et l’utilisation de services divers sur le web ne sont pas encore légion.

Mais l’iPhone semble avoir changé la donne : cet appareil sexy, convivial, résolument orienté web et poussé par une marque qui sait vendre mieux que quiconque était sans doute de détonnateur qu’il fallait pour faire bouger le marché. Depuis environ un an, on voit émerger ce qui pourrait débloquer le web sur mobile de sa situation actuelle :

- la convergence wifi-3G : les prix des connexions 3G baissent mais restent élevés tandis que les débits restent un peu décevants. La possibilité pour des mobiles d’utiliser wifi ou 3G dans un contexte donné permet de réduire assez significativement le problème.

- des mobiles mieux adaptés à la navigation : l’iPhone a marqué pas mal de points en terme d’ergonomie. Il est décrié par certains, immité par d’autres, mais il a au moins le mérite de relancer le débat et de pousser ingénieurs à être imaginatifs sur la question à l’avenir.

- des systèmes d’exploitation novateurs : là encore, l’OS de l’iPhone ouvre de nouvelles perspectives. Si bien qu’on parle désormais de nouveaux acteurs dans le domaine : Ubuntu (la distrib linux leader sur le poste client) qui a signé un partenariat avec Intel pour les dispostifs internets portables, mais aussi Google qui, d’après John Batelle, travaillerait sur le sujet depuis quelques temps.

- des navigateurs web adaptés : le Safari embarqué par l’iPhone est là aussi un bon exemple de ce qu’il faut faire en la matière. En face, ça bouge avec Deepfish de Microsoft, un éventuel Firefox pour mobile, Opera qui continue dans sa stratégie de développement “mobile”, mais aussi Flash Lite 3.

- du contenu et des services pour mobiles : tous les acteurs majeurs du web s’y sont mis ou s’y mettent désormais sérieusement. Dernier exemple en date : le rachat de Jaiku par Google.

Maintenant que toutes les briques sont en place, il ne manque plus qu’une chose : du temps, pour que le marché se développe puis murisse comme on l’attend depuis une dizaine d’années.

La mutation des dinosaures du web

Le 5 octobre 2007 par JB Boisseau

Ebay fait partie de ces dinosaures du web dont il est particulièrement intéressant de suivre les évolutions. L’achat de Skype à un prix déraisonnable fut ainsi par exemple le parfait exemple des excès du hype web2, dont Ebay paye aujourd’hui très cher les conséquences.

Mais Ebay fut aussi la première grosse société web 1.0 à être rentable grâce à une excellente stratégie (une interface réussie pour l’époque, un modèle économique efficace, une course à la taille critique bien menée) dès ses premiers mois d’existence. Ebay a été un des premiers mastodontes à investir dans la RIA afin d’améliorer encore son ergonomie et son intrusion dans la vie des utilisateurs. San Dimas, ce fameux projet, est donc désormais en beta publique et nous donne un premier aperçu de ce que pourrait être l’avenir du web.

Ebay continue donc sa mutation en matière d’interface et a pour cela certainement joué sur le bon cheval : Adobe AIR. Mais Ebay n’est pas seul dans cette aventure du passage dans le monde RIA. Google joue de son côté sur son propre produit, Gears, dont j’ai déjà dit beaucoup de bien et duquel j’attends avec impatience de voir ce qu’il donnera sur des produits tels que Gmail ou Google Docs. On peut parier que Microsoft utilisera, un jour ou l’autre, Silverlight et/ou WPF dans ses applications.

Mais qu’en sera-t-il par contre des Yahoo, Amazon et autres Myspace ? Sauront-il saisir les nouvelles opportunités du web lorsque la pression de la crise américaine à venir s’exercera sur eux et que la sélection économique naturelle accomplira son oeuvre ?

La fin de l’ère web 2.0

Le 24 septembre 2007 par JB Boisseau

Les troisièmes trimestres sont propices au retournement : celui qui avait mis fin à la “nouvelle économie” des IT et du web 1.0 avait eu lieu en 2000… celui de 2007 marquera probablement le début de la fin pour le web 2.0. Turfiste impénitent de l’actualité du web, me voilà encore amené à vous annoncer un événement qui ne se lit pas seulement dans les boules de cristal.

Il est désormais quasiment certain que les Etats-Unis vont très prochainement connaître une phase de recession. Un article brillant démontre ceci à l’aide de données historiques incontestables :

- une chute de plus 25% de la construction aux US entraîne invariablement (depuis 40 ans) une phase de récession. Nous en sommes à 39% de baisse depuis 2006.

- l’inversion des courbes de taux d’intérêt (lorsque les taux longs deviennent moins chers que les taux courts) est toujours annonciateur d’une recession sur les dernière décennies. Ils viennent précisément de s’inverser.

- les pics d’opération boursières à découverts (ou “boursicotage à crédit”) sont caractèristiques des périodes de crises. Or le niveau actuel de ces opération est semblable à celui observé juste avant l’éclatement de la bulle en 2000.

Parallèlement à cela, si les technologies de la prochaine génération du web (les fameuses RIA) sont là, les applications grand public en tirant pleinement partie n’ont pas encore émergé. Par contre, si Gmail commence à embarquer la techno Google Gears, ça ne devrait plus tarder…

Quel rapport entre ces 2 phénomènes allez-vous me dire ? C’est simple. Prenez d’abord une bonne vieille crise pour faire le tri entre les bons et les moins bons intervenants du marché. Mélangez la ensuite à des innovations techniques permettant à des challengers de faire la différence… et vous avez une nouvelle génération de modèles de logiciels et d’affaires !

Conclusion, ce blog va devoir changer de slogan… je vous propose donc quelques solutions de substitution :

- “le web 2.0, c’était pas du buzz”

- “le krach 2.0, c’est pas du hoax”

- “vivons heureux en attendant la crise”

- un autre idée ?

Parakey, le webOS killer ?

Le 24 août 2007 par JB Boisseau

Personnellement, je n’ai jamais cru au webOS : non seulement un OS web n’apporte rien par rapport à un système d’exploitation moderne mais il est en plus terriblement frustrant à l’utilisation (et j’en ai essayé plus d’un). A l’opposé, je crois depuis longtemps à la convergence desktop / webtop, c’est à dire une meilleure fusion entre les environnements de bureau classiques et les outils web.

C’est justement le défi que propose, vraisemblablement, de relever Parakey : offrir un environnement d’exécution de type RIA (applications portables, accessibles de n’importe où, mais fonctionnant en mode offline et sachant utiliser les ressources du système) vraiment simple et aussi universel que possible.

Là où les choses peuvent paraître compliquées pour Parakey, c’est qu’il va falloir s’imposer face des solutions déjà bien pensées telles que Adobe Air et qui, a priori, disposent d’une force de frappe largement supérieure (eBay a par exemple implémenté une interface Air que l’on devrait voir prochainement). La formidable chance de Parakey est donc de s’être fait racheté par l’ogre web 2.0 du moment : Facebook.

Avec une communauté d’utilisateurs de cette taille, Parakey pourra passer sans encombre les éliminatoires du grand tournoi des RIA qui commence sous nos yeux. Pour faire la différence par la suite, il faudra convaincre suffisamment de développeurs et de décideurs de la pertinence de la technologie. Mais quand on sait que derrière Parakey se cachent les très populaires génies que sont Blake Ross et Joe Hewitt, cette étape pourrait également être rapidement franchie.

Alors que l’ère du web 2.0 est sur le point s’achever (j’y reviendrai dans un article à paraître), Parakey est probablement sur la piste des paradigmes des temps à venir. Ces paradigmes, comme ceux du web 2.0, ne seront pas nouveaux mais ils pourront ressembler à des slogans du genre :

“des applications vraiment simples”,

“le web par delà le navigateur”,

“tirer pleinement parti des plate-formes clientes”,

“ne plus se soucier du réseau”,

“entrer dans la vie de l’utilisateur”.

Liste à compléter, chers lecteurs…