La fin de l’ère web 2.0

Le 24 September 2007 par JB Boisseau

Les troisièmes trimestres sont propices au retournement : celui qui avait mis fin à la “nouvelle économie” des IT et du web 1.0 avait eu lieu en 2000… celui de 2007 marquera probablement le début de la fin pour le web 2.0. Turfiste impénitent de l’actualité du web, me voilà encore amené à vous annoncer un événement qui ne se lit pas seulement dans les boules de cristal.

Il est désormais quasiment certain que les Etats-Unis vont très prochainement connaître une phase de recession. Un article brillant démontre ceci à l’aide de données historiques incontestables :

- une chute de plus 25% de la construction aux US entraîne invariablement (depuis 40 ans) une phase de récession. Nous en sommes à 39% de baisse depuis 2006.

- l’inversion des courbes de taux d’intérêt (lorsque les taux longs deviennent moins chers que les taux courts) est toujours annonciateur d’une recession sur les dernière décennies. Ils viennent précisément de s’inverser.

- les pics d’opération boursières à découverts (ou “boursicotage à crédit”) sont caractèristiques des périodes de crises. Or le niveau actuel de ces opération est semblable à celui observé juste avant l’éclatement de la bulle en 2000.

Parallèlement à cela, si les technologies de la prochaine génération du web (les fameuses RIA) sont là, les applications grand public en tirant pleinement partie n’ont pas encore émergé. Par contre, si Gmail commence à embarquer la techno Google Gears, ça ne devrait plus tarder…

Quel rapport entre ces 2 phénomènes allez-vous me dire ? C’est simple. Prenez d’abord une bonne vieille crise pour faire le tri entre les bons et les moins bons intervenants du marché. Mélangez la ensuite à des innovations techniques permettant à des challengers de faire la différence… et vous avez une nouvelle génération de modèles de logiciels et d’affaires !

Conclusion, ce blog va devoir changer de slogan… je vous propose donc quelques solutions de substitution :

- “le web 2.0, c’était pas du buzz”

- “le krach 2.0, c’est pas du hoax”

- “vivons heureux en attendant la crise”

- un autre idée ?

Parakey, le webOS killer ?

Le 24 August 2007 par JB Boisseau

Personnellement, je n’ai jamais cru au webOS : non seulement un OS web n’apporte rien par rapport à un système d’exploitation moderne mais il est en plus terriblement frustrant à l’utilisation (et j’en ai essayé plus d’un). A l’opposé, je crois depuis longtemps à la convergence desktop / webtop, c’est à dire une meilleure fusion entre les environnements de bureau classiques et les outils web.

C’est justement le défi que propose, vraisemblablement, de relever Parakey : offrir un environnement d’exécution de type RIA (applications portables, accessibles de n’importe où, mais fonctionnant en mode offline et sachant utiliser les ressources du système) vraiment simple et aussi universel que possible.

Là où les choses peuvent paraître compliquées pour Parakey, c’est qu’il va falloir s’imposer face des solutions déjà bien pensées telles que Adobe Air et qui, a priori, disposent d’une force de frappe largement supérieure (eBay a par exemple implémenté une interface Air que l’on devrait voir prochainement). La formidable chance de Parakey est donc de s’être fait racheté par l’ogre web 2.0 du moment : Facebook.

Avec une communauté d’utilisateurs de cette taille, Parakey pourra passer sans encombre les éliminatoires du grand tournoi des RIA qui commence sous nos yeux. Pour faire la différence par la suite, il faudra convaincre suffisamment de développeurs et de décideurs de la pertinence de la technologie. Mais quand on sait que derrière Parakey se cachent les très populaires génies que sont Blake Ross et Joe Hewitt, cette étape pourrait également être rapidement franchie.

Alors que l’ère du web 2.0 est sur le point s’achever (j’y reviendrai dans un article à paraître), Parakey est probablement sur la piste des paradigmes des temps à venir. Ces paradigmes, comme ceux du web 2.0, ne seront pas nouveaux mais ils pourront ressembler à des slogans du genre :

“des applications vraiment simples”,

“le web par delà le navigateur”,

“tirer pleinement parti des plate-formes clientes”,

“ne plus se soucier du réseau”,

“entrer dans la vie de l’utilisateur”.

Liste à compléter, chers lecteurs…

Javascript, le nouveau langage de référence

Le 10 August 2007 par JB Boisseau

Après avoir avancé il y a quelques mois que Javascript était le nouvel HTML (plagiant alors le célèbre “SQL is the new HTML”), j’annonce aujourd’hui à la suite de quelques hackers de référence (John Resig de JQuery en particulier) : “Javascript est le nouveau langage de référence”.

Oui, vous avez bien lu.

Ce truc aussi informe qu’inefficace est en passe de devenir l’alpha et l’omega du développeur moderne. Pourquoi ? Je ne crois pas qu’il y ait une quelconque raison technique à cela… plutôt un enchainement d’événements improbables qu’on pourrait résumer de la façon suivante :

1995, Netscape et Sun : “Nous avons besoin d’un langage pour exécuter des scripts dans le navigateur”

1997, ECMA : “Nous devons standardiser ce truc”

2005, la communauté Ajax : “Javascript n’est pas un jouet”

2006, Apple, Microsoft, Nintendo, Adobe, Google : “Vous pouvez utiliser nos technologies avec javascript !”

2007, John Resig et les autres : “Avec Javascript, tout est possible”

Revenons sur ce dernier point :

- Javascript avait des problèmes en matière d’outils de développement : Firebug et Aptana sont une solution.

- Javascript avait des problèmes de performances : tous les navigateurs de la prochaine génération (Firefox 3, Internet Explorer 8, Safari 3, Opera 9.5) auront un nouveau moteur JS qui changera très nettement les choses.

- Javascript avait des problèmes de rigueur dans le développement : les librairies modernes (prototype, JQuery, Dojo) ont fourni d’excellentes bases pour l’avenir

- Javascript avait des limites quant à ses possibilités fonctionnelles : il est maintenant possible de faire tout un tas de choses à l’aide des technos RIA (manipuler Flash, stockage local, utiliser des ressources systèmes, de la 3D…)

- Javascript était limité au client : Javascript côté serveur est maintenant envisageable grâce à des projets tels que Rhino.

Du coup, Javascript étant LE langage de LA techno qui mange peu à peu toutes les autres (le web riche), il est armé pour devenir le nouveau langage de référence… à moins que ce ne soit déjà le cas ?

Krach 2.0… la prophétie se réalise-t-elle sous nos yeux ?

Le 6 August 2007 par JB Boisseau

Au mois de février, j’avais émis l’hypothèse d’un krach dans les 18 mois… et l’actualité financière internationale nous amène à nous y pencher à nouveau très sérieusement.

Petit rappel : le krach 2.0 est fort différent de celui de 2001 qui se concentrait sur le secteur IT et qui contamina marginalement les autres secteurs. En effet, ce sont les fondamentaux de l’économie américaine qui devraient cette fois entraîner la chute de plusieurs secteurs : l’immobilier et la finance dans un premier temps, les secteurs de l’économie les plus sensibles aux secousses dans un second temps.

J’avais dit que le premier domino à tomber serait celui de l’immobilier américain (son déclin a même débuté en 2006) et qu’il entrainerait ensuite celui de la finance : c’est aujourd’hui chose faite. Les principaux indices boursiers ont en 2 semaines quasiment perdu les gains accumulés tout au long de l’année 2007, le dollar n’en finit pas de tomber, les taux d’intérêt remontent, des sociétés de crédit américaines font faillite… il y a donc bel et bien un “choc financier” consécutif au “choc immobilier”.

La suite logique serait donc l’amplification du choc financier et la contagion au reste de l’économie (et en particulier au secteur IT, très sensible aux secousses)… mais les choses ne sont évidemment pas aussi simples ! Il est difficile de dire quelle sera l’intensité du choc financier (on pourra probablement en juger à la fin du troisième trimestre). Parce que si un véritable resserrement du crédit est en train de se produire (ce qui est plutôt mauvais pour la finance), la bourse a aussi de bonnes raisons de bien se porter.

Les sociétés côtées affichent pour la plupart des bénéfices importants et ont bien rempli leurs caisses depuis les pertes record enregistrées entre 2001 et 2003. Elles ont donc de quoi supporter un éventuel “trou d’air” de la consommation des ménages d’une part et peuvent d’autre part soutenir l’économie par leurs investissements dans une telle période.

Il existe aussi une autre possibilité face à cette situation : tout le monde panique, bloque les investissements devant la chute de la consommation des ménages américains, le prix de l’argent continue à monter et l’économie occidentale entre dans une phase délicate pouvant aller jusqu’à la recession.

Rendez-vous donc en septembre pour la chute (ou non) du prochain domino du krach 2.0…

Un benchmark des performances des solutions RIA

Le 16 July 2007 par JB Boisseau

J’avais souligné il y a quelques temps combien le besoin de comparer objectivement les solutions RIA se faisait pressant. J’avais fourni une première base de comparaison avec les fonctionnalités disponibles dans chacune des technologies et leurs exigences pour être déployées.

Il manquait deux éléments pour que la comparaison soit valable :

1- la productivité

2- les performances

Voilà justement un benchmark qui permet une bonne comparaison des différentes solutions en terme de performances. Le code source utilisé étant disponible pour chaque implémentation, on peut aussi avoir une petite idée du potentiel de productivité de chacune de ces technos.
A l’heure du choix d’une techno RIA, un site à visiter et à revisiter sans hésiter…